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LA CLASSE DE NEIGE

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La-ligne-bleue-des-Vosges

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Marie-Candide a passé trois jours dans les Vosges avec des élèves de 3e DIMA (Dispositif d’Initiation aux Métiers en Alternance) et deux profs de ballon. C’était plutôt sympa, surtout quand le jeune toubib, après deux heures de route depuis l’autre bout du département, a posé ses quatre points de suture à Kévin, puisque ce grand rigolo s’était explosé le tibia en faisant l’andouille en short, à 21h, près des bacs à fleurs-enneigés- de la terrasse. Quand sa maman est venue le chercher le lendemain matin, ce fut aussi un grand moment. Elle a aboyé dès qu’elle l’a vu, lui a promis la prison, la corde et tout le toutim, vu qu’il faisait qu’à faire le con depuis toujours, alors qu’il était gâté pourri et qu’elle, quand elle avait son âge, elle avait même pas à bouffer. Elle le menaçait de son index terrible en versant des larmes, de colère ou de chagrin, on ne sait pas trop. De toute façon c’était fini, elle en avait marre, il allait prendre le train le soir même et rejoindre son père à Nice, et elle serait enfin tranquille. Madame Candide n’était pas loin de pleurer elle aussi quand ils sont partis, tellement il y avait de haine dans l’air. Le grand Kévin ne faisait pas le malin. La dame de ménage est venue discuter après, tourneboulée pareil. Bref.

Le soir même, autre aventure: les cinq garçons qui restaient après le départ de Kévin ont fait une bataille de déodorants dans leur chambre, parce que « madame, ça puait trop des pieds », affirmera le lendemain l’un de ces hygiénistes. Il était 22h30, les effluves mêlés de tous ces déodorants ont déclenché l’alarme incendie dans l’ensemble du bâtiment. Le collègue prof de ballon, après s’être assuré qu’il n’y avait pas le feu, a cavalé fissa de l’autre côté du centre pour rassurer la tripotée d’instits venus du Nord-Pas-de-Calais avec leurs CP, qui devaient découvrir les joies du ski de fond. Trop tard: les instits étaient déjà occupés à habiller en vitesse les petits qui hurlaient de trouille parce qu’ils ne voulaient pas mourir à la montagne. Pendant ce temps, les garçons responsables de tout ce barouf tentaient de minimiser les dégâts. Ils ont appliqué un pull-over sur la sonnette maudite et l’un d’eux est même entré dans la chambre de Marie-Candide en braillant qu’il lui fallait « un tournevis ou quelque chose de pointu, n’importe quoi », pour démonter l’engin. L’alarme, évidemment, continuait de résonner dans la nuit bleue des Vosges. Ensuite ça s’est un peu calmé, après les cinq minutes réglementaires de stridulation. Mais le directeur du centre, tiré de son lit, plus bas dans la vallée, et contraint de remonter au turbin malgré sa gastro entérite fulgurante, n’a pas contribué à ramener la sérénité dans les dortoirs. Il s’est tellement fâché tout rouge contre les cinq déodorés que Marie-Candide craignait qu’il ne les frappe avec l’ énorme trousseau de clés qu’il agitait vraisemblablement sous leurs nez coupables. Mesure anti-pédagogique au possible, puisqu’à crier comme ça en secouant son attirail, il a réveillé l’autre collègue de Madame Candide, qui dormait du juste sommeil d’après raclette au blanc d’Alsace.

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Et qu’a-t-elle fait, la collègue brusquement tirée des bras de Morphée ? Elle a secoué Marie-Candide qui faisait semblant de dormir depuis le début de l’événement.

Marie-Candide n’ira plus en classe de neige, c’est trop fatiguant.

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Un commentaire

  1. Durand

    1 février 2018 à 6 h 51 min

    Ben ça alors ! Les Vosges en hiver , c’est pas de tout repos … !

    J.D.

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