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F-…/GLOSSAIRE MARIE-CANDIDIEN (en cours d’élaboration)

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  • Frontalier (travailleur) : en Alsace du Sud, particulièrement, petit employé de grosses entreprises helvètes, plus rarement allemandes, qui verse mensuellement sur son compte bancaire en devises l’équivalent de cinq mille euros, pour récurer les chiottes d’organismes bancaires dont la probité légendaire attire les placements des honnêtes gens, ou empaqueter des pilules destinées au confort gastrique des barons de l’OCDE. On notera à dessein purement ludique que le traitement mensuel de Marie-Candide atteint la somme faramineuse de deux mille et cent euros, mais comparaison n’est pas raison et, à défaut de conduire un cattcatt, le prof moyen peut s’enorgueillir de côtoyer le luxe au quotidien en confisquant un de ces téléphones portables doté de fonctions surréalistes, propriété des enfants de frontaliers. En général, le travailleur frontalier affiche sa réussite sociale par l’édification d’une villa flanquée de tourelles symétriques, au pieds desquelles s’épanouissent de charmants bosquets alternant avec des rocailles savantes pour souligner l’absolue perfection des trente ares de pelouse bordant la piscine et le garage triple où dorment les trois cattcatt de la maisonnée, sans compter les scooters, enfourchés certains soirs où leurs parents organisent des barbecues géants avec les voisins, par les ados qui en profitent pour s’emplafonner dans les pare-brise d’autres frontaliers rentrant d’apéros arrosés. L’opulence se manifeste également dans les dimensions formidables du salon-séjour où trois porte-avion trouveraient sans peine à se garer, n’était le volume conséquent du canapé d’angle où se prélassent des chats obèses et des dames tout pareil, face à un écran plat jamais éteint, dont la largeur et la hauteur n’ont rien à envier à la Porte de Kiev. Cependant, tout le monde sait qu’on finit toujours par manquer de place et par conséquent, on ne trouve dans ces maisons aucune bibliothèque. N’importe, l’essentiel est là pour couler des jours heureux, et le molosse stylisé représenté à gros traits écarlates sur la pancarte de l’entrée le rappelle aux importuns : « il me faut cinq secondes pour arriver au portail. Et vous ? » Ironie du sort : de plus en plus souvent ces dernières années, le travailleur frontalier est propulsé au portail de son usine par un mâtin autrement plus féroce que son doberman, ce dernier ne parlant pas suisse allemand en brandissant un permis de travail périmé, lui. Le malheureux fait alors la connaissance de la dépression, ce mal de branleurs qui touche surtout les paresseux, dont les profs sont les représentants les plus emblématiques. Bien sûr, tous les travailleurs frontaliers ne correspondent pas à ce portrait peu nuancé. Certains sont des gens très bien. C’est quand, au fait, qu’on peut venir se baigner?
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