CONTRITION

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Monsieur le Maire,

 

Permettez-moi tout d’abord de vous adresser mes vœux de santé, bonheur, réussite et reconduite dans votre mandat , en citoyenne quatschàsteinoise comblée.

 

En effet, j’ai le bonheur de compter parmi les administrés de cette riante commune depuis le mois de décembre 2009. Je cherchais à me rapprocher de mon lieu de travail depuis quelque temps, et j’avoue que Quatschàstein me semblait idéale. C’est une cité dynamique, offrant à ses habitants une multitude de services et un cadre de vie agréable, combinant les avantages d’un mode de vie urbain et la douce quiétude d’un environnement rural encore préservé. Que dire en outre de la somptueuse Boucherie de Noël, qui a émerveillé ma fille ces dernières semaines, ainsi que ses nombreux petits camarades invités à rêver devant ces émouvantes statues, tandis que leurs parents contemplaient les décorations scintillantes et les caméras de surveillance toutes neuves. A ce propos, je ne puis m’empêcher de vous féliciter pour cette heureuse initiative, qui permet aux habitants de la ville haute de passer des nuits sereines tandis que les gueux de la rue des lépreux-dont je suis– profitent certaines nuits d’une animation gratuite avec la participation amicale des forces de l’ordre qui se déplacent une dizaine de fois mais ne peuvent interrompre le spectacle puisque les artistes habitent la rue et se cachent, les coquins, à la vue des képis (en substance, ce que m’a déclaré un gendarme quand j’ai téléphoné à cinq heures du matin, après trois heures de charivari, une nuit de décembre 2010). Je suis heureuse et fière d’avoir contribué, par le paiement de ma taxe d’habitation, à cet outil garantissant la sécurité de tous.

 

Je suis également comblée de constater l’efficacité de votre police municipale, qui punit les voyous et veille au bien-être de chacun.

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J’en viens à la deuxième partie de mon courrier, moins gaie, hélas, puisqu’elle constitue un aveu : je suis une criminelle, la caméra de surveillance surplombant la rue Paul Emile Victor vous en convaincra mieux que moi. En effet, et ce depuis mon emménagement en décembre 2009, j’ai l’outrecuidance de garer de temps en temps mon véhicule en zone bleue SANS DISQUE HORODATEUR.  Heureusement pour la collectivité, alertée à juste titre par de tels agissements, j’ai bénéficié du zèle de votre police municipale, qui m’a collé six contredanses en un an, dont parfois plusieurs par mois. Certains esprits séditieux prétendraient qu’on peut me comprendre, arguant du fait que les deux parkings gratuits situés tout près de mon domicile, dans la rue Paul Emile Victor, sont  la plupart du temps absolument saturés. D’autres ajouteraient qu’il est cruel de demander à une mère de famille d’interrompre ses futiles activités domestiques pour aller déplacer sa voiture, les deux heures réglementaires écoulées, jusqu’à une hypothétique place sur les parkings sus-mentionnés. D’autres encore s’exclameraient qu’il est invraisemblable que des riverains ne puissent bénéficier d’une autorisation de parking supérieure à deux heures quand il n’y a pas de place ailleurs que sur les sacro-saintes zones bleues. A tous ceux-là je répondrai :

Foin de votre impertinence! On ne peut accorder le moindre crédit à de telles incongruités!

Je refuse tout aussi véhémentement de me faire l’écho des chafouins qui prétendraient que je suis une des rares représentantes de la classe moyenne dans cette portion de la rue des lépreux, et que lorsque les derniers besogneux comme moi auront plié bagage, poussés à bout par les procès verbaux et les braillements de quelques avinés qui réveillent les enfants et les vieilles dames en crachant à qui ose entrouvrir ses volets à quatre heures du matin « sale bâtard! Si tu te montres je te fous un coup de fusil », la police municipale aura d’autres chats à fouetter que de verbaliser une mère célibataire qui cavale toute l’année, paie ses impôts et apprend à sa fille à dire « merci monsieur ».

 

Donc, en citoyenne responsable et pénitente, je préfère, de moi-même, prendre les mesures qui s’imposent : entreprendre des recherches pour trouver une commune moins accueillante où je pourrai déplacer ma honte et continuer à commettre mes forfaits.

 

 

 

   Je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, mes salutations distinguées.

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